1. Benicàssim 2011 – Review complète

    août 1, 2011 by Juicebox

    Arrivés le mercredi en soirée, nous foulons la terre ocre espagnole, une légère brise nous rafraîchissant le visage. En avant, récupération des accréditation et pass en tout genre auprès de l’orga latino. L’anglais ne semble pas leur fort mais nos meilleures conjugaisons de classe de seconde joueront le tour !L’excitation grandissante à la vue de l’ampleur de l’enceinte et du camping déjà rempli par les myriades de tentes des premiers festivaliers (la plupart ont planté les sardines depuis lundi), on se dirige vers les emplacements disponibles. Le camping se trouve typiquement dans un espace immense à mi-chemin entre le désert aride et le champs d’orangers. En gros, toute les zones sont accessibles à moins de 10-15 min du festival, point très très positif (surtout que vous pouvez faire autant d’aller-retour que vous le souhaitez…). Une petite demi-heure de queue avant d’avoir un emplacement et c’est là que les festivités ont commencé. Les vraies, celles qu’on aime… le fameux plantage de sardine.

    Car figurez-vous, mesdemoiselles, que le sol de Benicàssim a la fâcheuse tendance d’être aussi dur que du Turón séché au soleil voir que d’un énorme bloc de glace introduit au milieu d’une plage bondée (ces comparaisons vous parlent sans doute si vous avez acheté cette spécialité catalane à la frontière et que vous avez vu un énorme tractopelle déposer un cylindre de glace de 3m de haut sur la plage le lendemain vers 14h), BREF. Tout ça pour dire, que le plantage de sardine fût quelque peu complexe. Surtout lorsqu’un vent à plus de 100km/h s’est mis brusquement à souffler les tentes pas encore fixées. Haha, on entend encore la joie des festivaliers espagnols à côté : “HIJO DE PUTA !”. Ces mêmes voisins espagnols nous rassurant en nous alertant qu’une année, toutes les tentes s’étaient envolées. Ambiance. Pas de quoi nous décourager néanmoins. Non, non, non ! Vous serez ainsi heureux d’apprendre qu’après quelques heures de chasse aux rochers locaux, nous avons enfin pu stabiliser nos belles Quechua.

    La preuve du monopole Décathlon

    Jeudi

    Cela étant dit, et après une nuit à écouter des morceaux indie rock acoustiques d’un brillant chanteur barbu, nous avons pu découvrir un peu mieux cette station balnéaire qu’est Benicàssim. Plusieurs chemins s’offrent à vous pour rejoindre la ville ou la plage. Accessible à pieds en moins de 30 minutes ( et de 5 minutes navette pour les moins téméraires au tarif d’ 1€20 par trajet), cette dernière est plutôt agréable et point trop bondée, contrairement à l’enfer que peut être une plage de Palavas. Et puis l’eau parfaitement turquoise par endroit et surtout entre 27 et 29 °C selon nos estimations douteuses, est loin d’être désagréable. Chose intéressante et dont on se rend très vite compte lorsqu’il s’agit d’une question de survie là-bas, chaque PARCELLE d’ombre dans la ville a de grande chance de se voir investie d’un festivalier avachi ou allongé dans des positions improbables afin de récupérer quelques précieuses minutes de sommeil, celles-ci même qui vous feront tenir jusqu’à 6h du matin le soir venu. Ne comptez donc pas vous étaler en plein soleil sur la plage pour tenter une sieste salvatrice, l’astre jaunâtre y étant bien trop dévastateur à cette période de l’année, l’ombre d’un palmier ou les bancs d’un square seront bien plus appropriés !Retour vers le camping en début de soirée, pour l’enchaînement quotidien indispensable : douche – apéro. Les groupes que nous souhaitons voir sont programmés assez tardivement dans la soirée donc pas de précipitation… Nous prenons le temps de découvrir l’enceinte du festival, plutôt bien aménagée. Bars et “restaus” à foison (bouffe Thaï : Juicebox Approuve !), deux petites scènes, deux scènes moyennes et une gigantesque, pas mal d’espaces à peu près calmes pour récupérer un tant soit peu d’énergie… bref, rien d’original mais tout y est.

    On traîne devant le Maravillas Stage (la grande, donc), ce qui nous permet d’observer de loin Russian Red, qui, comme son nom ne l’indique pas, est une chanteuse folk indie espagnole, plutôt douée dans son genre. Agréable et douillet, parfait pour nos tympans à 20h15. On écoute un peu ce qu’il se passe du côté de la Jack Daniel’s Stage, mais la tente est tellement microscopique qu’on se contentera d’observer les déhanchements de dehors, confortablement allongés dans l’herbe… Puis, quelques notes émanent depuis la Maravillas, se faisant de plus en plus bruyantes. Phénomène extraordinaire : un flot incessant de festivaliers issu majoritairement de la gent féminine (ça aura duré bien 15 minutes) se met à courir vers la scène pour apprécier l’écossais-italien Paolo Nutini chanter sa pop dynamique et efficace et avec son lot de reprise comme l’excellent “Over and Over” des Hot Chip ! Pas mal, mais mieux nous attend. Beaucoup mieux. Crystal Fighters pointe le bout de son nez sur la scène du FIB Club.  Nous sommes récemment devenus aficionados du groupe, dont l’album Star of Love est sorti en 2010. Entre electronica, dance-punk, pop plutôt sucrée et des bonnes tonalités Dubstep, on peut vous assurer que le mélange est diantrement efficace. Le groupe a qui plus est la chance de jouer à domicile, vu que la jolie Mimi, l’une des chanteuse est basque. Autant dire que les espagnols présents en masse dans la foule sont en transe, devant un show dynamité par des basses venues d’ailleurs et qui travestissent les titres les plus doux de l’album tel que “Plage” ou “With you” en véritables hymnes au pogo. Bien entendu, leurs plus célèbres titres  “I Love London” et autre “Xtatic Truth”, ceux-là même révélés sur les compilations Kitsuné, font mouche avec leurs refrains certes basiques mais tellement accrocheurs ; concluant ainsi nos très bonnes impressions sur ces jeunes gens assurément promis à un avenir des plus brillant.

    Crystal Fighters

    Aussitôt fini, nous filons ni une ni deux vers la grande scène pour écouter ce cher accent cockney de Mike Skinner, alias The Streets ! Torse nu et délibérément stone (il remerciera Benicàssim pour la qualité de sa weed !), Mike était, mine de rien, plutôt en forme. Enchaînant les hits à la “Fit But You Know it”, “It’s Too Late” ou certains morceaux du dernier album comme l’excellent “Roof Of The Car”, l’ensemble sonnait étonnamment très bien. Ce qui n’a pas été le cas des suivants, Pendulum, dont la prestation sommaire et accompagnée d’animations visuelles d’un mauvais goût tel qu’elles semblaient avoir une bonne quinzaine d’année était plutôt décevante. Leur Drum’n’Bass trop triviale et commerciale a pris un gros coup de vieux. Existe t-il encore beaucoup de groupes qui ont besoin d’un “chauffeur” (petit mec gesticulant et vacant sur la scène dont la seule tâche est d’hurler “JUMP ! JUMP !” et “ARE YOU HERE BENICASSIM FESTIVAL ?!”) ? Bon encore heureux qu’on lui a soufflé le nom du festival avant de monter sur scène mais honnêtement, c’est assez risible… Dommage, donc.

    The Streets @ FIB 2011, Benicàssim - Óscar L. Tejeda

    Vendredi
    Vendredi, journée bénie. Levé en douceur avec les soundchecks des Strokes. On est tout de suite dans le mood. Sans doute la plus grosse tête d’affiche du festival jouera le soir-même à 00h45. Heure tardive ? Tant mieux ! Et en tant que fans inconditionnels (à votre avis, Juicebox ça vient d’où hein ?!) on ne prend pas de risque : on se positionne dès le début de la prestation d’Elbow aux premiers rangs. Et comme on s’y attendait, on est pas les seuls.Alors parlons d’Elbow, tout de même. Les Mancuniens étaient visiblement très attendus. Quelque peu surpris par cet état de fait, car mis à part endormir le public à base de ballades assez plates et pas toujours très inspirées, le groupe a bien du mal à nous sortir de notre torpeur, notre méconnaissance de la setlist du groupe n’aidant pas. Alors il y a bien les tonalités bluesy de “Grounds for Divorce” et ses lyrics entêtantes pour nous réveiller, certes, mais on a surtout droit de se faire sermonner constamment par le leader Guy Garvey quand il y a un peu trop de bousculade “PLEASE, guys, STEP BACK, come on” et tout ça d’un ton super sérieux (euh, mec, bon, t’es mignon mais on est à un festival on va pas installer nos chaises pliantes au milieu de la fosse non plus quoi) quand il ne part pas carrément dans un discours de gourou usé “You’re beautiful, say i’m Beautiful, people”. Tant de petits accrocs qui nuisent au show, même si on doit reconnaître que notre objectivité s’est un peu enfuie à toutes enjambées, tant l’attente pour les Strokes commence à bouillir en nous.

    Concert de coude fini. Compression extrême. Il n’y a absolument aucun son et nous faisons tout de même des vagues à quelques mètres de la scène. Les chevrons géants font leur apparition sur scène, on shoot à l’aveugle derrière nous : les 150 mètres d’espace sont absolument bondés. 40 000 personnes selon la police l’orga. Évidemment, ils arrivent en retard. Mais quand The Strokes débarque et que les premières notes de “New York City Cops” ont littéralement fait jaillir le public de tous les côtés on se dit qu’on les pardonnera et qu’on leur paierai bien une bière par la même occasion. Pendant 1h15 tout n’est que bonheur et jouissance. On sait plus trop où chacun de nous se trouve, nous nous sommes perdus au bout d’environ 25 secondes. Mais que diantre ! “Last Nite”, “You Only Live Once”, “Juicebox” (fuck yeah !), tout est tellement bon. Affublé de son cuir par encore 28°C, Julian et sa loquacité bien connue ont fait des ravages : “Yeaaah… Yep !” ou autres “Oh shit I messed up that one, let’s start again”. Du Strokes, comme on les aime. Et d’après les avis recueillis ici et là, ils sont number one des prestations du FIB !

    The Strokes

    On s’écarte un peu histoire de récupérer l’oxygène perdu devant pour entrevoir les débauches de chemises hawaïennes des Friendly Fires. N’étant ni fanatiques, ni indifférents à cette pop indie, nous sommes agréablement surpris par l’énergie et l’ardeur provoquée par des titres comme “Lovesick”, “Truelove” ou “Pull me Back to Earth”. Et même à 4h, le public continue d’hurler par coeur l’intégralité des Lyrics… Aaah, Benicàssim, tu commences doucement à nous plaire dis donc !

    Friendly Fires @ FIB 2011, Benicàssim - Liberto Peiró

     

    Samedi
    Nouvelle journée ardue. La fatigue commence à se faire ressentir avec nos trois heures de sommeil quotidiennes. Prise de conscience : “Ah ouais, c’est quand même autre chose que les Eurocks Béni…”  S’ensuit, la sempiternel prise de (coup de) soleil, la fameuse paella maison dans un petit bistrot sympathique du centre ville (qui a dit cliché ?) et bien entendu l’achat primordial et salutaire de glaçons afin de rafraîchir un tant soit peu le scotch et la fameuse San Miguel (cela sera au demeurant un terrible échec). Tout cela avant un départ un peu tôt vers le site pour apercevoir Tame Impala (20h, il fait encore un cagnard d’enfer) sur la grande scène. Choix de scène un peu inadapté d’ailleurs. Public un peu stone de fin d’après-midi, qui est majoritairement assis si ce n’est couché, dans une atmosphère toute particulière qui se ressent jusque dans la prestation des petits génies australiens. N’ayant pas un jeu de scène mirobolant, leur son psychédélique n’arrivera donc pas à faire complètement effet, malgré quelques moments d’onirisme ici et là sur “Lucidity” ou “Desire Be Desire Go”, chansons en partie magnifiées par un ciel orangé et fantasmagorique de soleil couchant.

    Tame Impala

    L’esprit encore hagard, on repart se revigorer (en substances alcoolisées) au camping pour quelques heures. 23h00. Perfect timing, on arrive juste à temps pour écouter gaiement et de loin, Bombay Bicycle Club.  Notre passage éclair nous permet quand même d’apprécier l’étendue de leurs capacités, mélangeant allègrement les influences rock, folk et pop dans des tracks aussi différentes que bienvenues. Plutôt impressionnant pour un groupe dont ses congénères dépassent difficilement la vingtaine d’années.
    Ne voulant pas rater le début de la prestation des singes arctiques, nous quittons avec regret la scène du Fiberfib ainsi que la voix de Steadman (aux faux airs d’Interpol), au moins aussi marquante en live que sur galette. Petite amertume en passant de voir Beirut programmé en même temps que la bande à Turner… Une prochaine fois Zach c’est promis.

    Apparemment, nous ne sommes pas les seules lumières à avoir eu l’idée de nous amasser vers Maravillas. L’endroit est au moins aussi bondé que la nuit précédente si ce n’est plus – effet du samedi oblige. L’expérience de la veille acquise, nous ne tentons pas de nous agglutiner dans les dix premières rangées de la foule, celle où tu peux dire adieu à quelconque molécule d’oxygène pendant l’intégralité du gig. Nous nous retrouvons donc à distance réglementaire, à une vingtaine de mètre des murs d’enceintes. Arctic Monkeys se fait attendre. Bien entendu. Notre curiosité s’éveille lorsque un speaker argue la foule  pour une tentative de World Record impliquant celle-ci, record assez débile pour qu’on puisse se permettre d’omettre sa description dans ces lignes. La frénésie du public commence à monter dans un brouhaha qui ferait passer le lourd(ingue) bourdonnement des cigales génétiquement modifiées du camping pour de légers chuchotements. On se demande si les Arctics vont assurer, grande inconnue pour nous, n’ayant jamais retrouvé la brutalité du décoiffant “Whatever People Say I Am, That’s What I’m Not” dans leurs opus suivants – même si chacun d’entre eux a son propre attrait. Et Alex Turner ?  Se sera-t-il assagi depuis son remarqué passage aux douceurs folk pour l’excellente B.O. de Submarine ? Tant de suppositions balayées d’un revers de la main dès leur entrée sur scène (sur « You Sexy Thing » de Hot Chocolate s’il vous plait)

    Arctic Monkeys @ FIB 2011, Benicàssim - Óscar L. Tejeda

    Les premiers riffs de “Library Pictures” se font entendre. Ca y est. Les gens hurlent, dansent, sur la voix d’un Turner classe au possible dans son cuir bleu (oui oui !)
    Mais la première réelle estocade viendra de “Brainstrom”, l’un de leurs morceaux les plus explosifs. Nous voila rassurés, le groupe ne fait pas dans la demi-mesure. Le long d’un set record de 20 titres (on est en festival !) ils enchaînent leurs tubes comme des perles, de “I Bet you look good on the dancefloor” à “Fluorescent Adolescent” tout en plaçant des morceaux du dernier album, qui il est vrai, retournent moins les spectateurs.  On peut peut-être regretter ce côté très mécanique du groupe, très peu communicatif, mais who cares, That’s fucking rock&roll ! Bien évidemment, dans la ferveur et l’intensité de l’auditoire, nous valdinguons de toute part au point de nous perdre en à peine 2 petites chansons. Record battu. Le set s’achève sur l’effervescent “505”, la clôture de une heure et demi âpre et prodigieuse. Oui, on peut désormais le dire : nous avons vu et survécu à la furia de ce petit groupe il était une fois venu de Myspace.

    On terminera, non sans mal sur une note d’électronique avec la house londonienne de Fake Blood, énergique et coriace, nous faisant frétiller jusqu’à des heures peu orthodoxes.

    Dimanche
    Dernier jour dans le désert espagnol. “Last but not least” comme ils disent. Malgré l’état dégradé de vos valeureux rédacteurs, nous avons clôturé le festival sur les meilleures augures. Car sur la grande scène ce n’était pas moins que Noah & The Whale, Portishead et Arcade Fire qui nous attendaient pour scinder leurs fougues respectives avec le public. Et ça n’a pas manqué… Autant dire que le crochet en valait la peine…

    Comme on a pu le voir dans les journées précédentes, passer à 20h est souvent un exercice périlleux au FIB. Nous pensions alors voir les Noah and the Whale se débattre avec l’énergie du désespoir.. Que nenni. Noah donne de la voix et nous saisit, assurant un côté dandy des plus distingué… même si l’on peut considérer qu’avoir un nom de groupe qui fait référence à Noah Baumbach c’est déjà une forme de classe en soit. On avait trouvé pas mal de qualités à  “Last Night on Earth”, leur dernier L.P., et dans les bonnes dispositions de Benicàssim, on retrouve ces légèretés avec ces passages au violon très plaisants notamment. Néanmoins, telle une étoile qui brille par intermittence, le public réagit sur courant alternatif à la setlist. Et c’est sans conteste “Waiting for My Chance to Come” qui remporte la palme de la ferveur populaire, alors que le pourtant single “L.I.F.E.G.O.E.S.O.N” a moins de succès. Au final, il s’agira là d’un intervalle chaleureux avant les plats de résistances de la soirée.

    Quelques dizaines de minutes plus tard, les sonorités Bristolienne sont déclenchées. Le visage (pas tout jeune) de Beth Gibbons s’éclaire sur les écrans géants. Dans une ambiance azurée typique de Portishead, “Silence” étourdit l’audience. Un climat tout à fait particulier s’installe dans le public et sur scène, alimenté par des courts métrages sombres et fascinants et une réalisation utilisant de nombreuses caméras sur la scène (ce qui nous rappellera une certaine installation mise en place pour la dernière tournée de Radiohead…). La voix de Beth possède un tel timbre et une telle ampleur que nous sommes captivés, scotchés. Une dimension hors-norme, l’expérience Trip-Hop ultime. On échappera pas au hit “Glory Box”, à l’explosif “Machine Gun” ni au splendide “Roads”. Avide d’en entendre toujours plus, on aurait aimer faire durer l’expérience sur “Pedestal” voir “Numbs”, étrangement manquantes, mais on sortira de la prestation sans regrets et surtout totalement chamboulé tant la démonstration du groupe fut poignante. 20 ans après leur formation, Portishead éblouit, un “must-seen-live” que nous vous conseillons vivement.

    Portishead @ FIB 2011, Benicàssim - Óscar L. Tejeda

    Encore du beau monde entassé devant notre Maravillas fétiche qui nous fait penser que décidément plus personne n’oserait dire “Who the fuck is Arcade Fire ?” en cette douce nuit. Clou du festival, les canadiens achèvent une tournée monstre pour le désormais classique “The Suburbs”, peut être leur moins bon album mais qui recèle plusieurs perles. Avant même que la petite troupe n’arrive, nous avons droit à une mise en abîme de l’univers du groupe avec un extrait sur écrans géant d’images 60’s, qui proviennent en réalité du court de Spike Jonze, Scenes from the Suburbs… Et on y entre avec délice dans cette atmosphère. D’autant que la scène qui se dresse devant nos yeux est l’une des plus stylisée du FIB  avec son côté kermesse retro assumée. Débarquent alors les artistes sous les hourras de la foule. Et là,  “Ready to start” nous enchante dans sa dynamique habituelle. On se rend directement compte du don que possède Arcade Fire pour faire communier les foules. Ici, ce n’est pas des chansons qu’ils nous jouent, ce sont carrément des psaumes et autre prières que le public reprend en choeur avec délice !  Décidément très à l’aise en festival, Win Butler et ses autres petits camarades vont nous enchanter en tirant le meilleur de leur repertoire. “No Cars Go”, “Rebellions (lies)”, “We Used to Wait”, autant de titres passionnés qui nous laissent dans l’allégresse la plus complète. On constate par ailleurs qu’ils n’oublient pas les fans de la première heure pour un sou, avec pas moins de 7 titres de Funeral ! Bien entendu, on aura un petit sourire narquois quand on entendra les fausses notes de Régine sur « Haiti » ou « Sprawl II », qui clôturera d’ailleurs le concert (choix discutable), mais ce n’est rien, comparé à la générosité des canadiens en live. Et ce “Wake Up”, ce “Wake Up”…  il nous transperce d’émotions de part en part, dans une euphorie collective que peu d’évènements dans une vie peut nous faire ressurgir. Pouvions-nous rêver meilleure fin de festival ? Les frissons, encore présents à l’évocation de ce gig, parlent d’eux-même.

    Arcade Fire @ FIB 2011, Benicàssim - Óscar L. Tejeda

    Vous l’aurez compris, nous avons été unanimement conquis par cette gigantesque sauterie qu’a été le FIB 2011. Et à moins que vous ne soyez atteint de thermophobie (ce qui induit surement que vous soyez inuit et et que vous ne foulerez donc jamais la terre espagnole) ce festival a toute les raisons de plaire aux amateurs comme aux plus fervents festivaliers.

     

    10 (très) bonnes raisons d’aller au FIB :

    1. C’est l’un des rare festival où vous pouvez mêler soleil, plage, bière et concert en une seule journée.
    2. Le litre de bière est à 7,5€ dans l’enceinte du festival et entre 3 et 5€ dehors… Oui, on parle en LITRE là-bas !
    3. Le matin vers 8h30, quand les 35°C usuels vous réveilleront, le duvet humidifié par votre propre sueur, vous entendrez peut-être les riffs de Reptilia en fond sonore…
    4. Les douches unisexe… c’est chouette.
    5. Le public est le plus phénoménal que l’on ait connu en festival, true story. Ultra réactif, connaissant les répertoires des artistes sur le bout des doigts. Impressionnant !
    6. Même si vous êtes une vraie quiche en espagnol et que vous n’avez retenu que “Una otra cerveza por favor” vous pourrez aisément communiquer avec la multitude d’anglais présents (et par multitude on entend facilement 60% d’anglo-saxons, si si !)
    7. Sur place, vous pourrez aussi bien croiser un groupe de Schtroumpfs qu’une tripotée de cowboys sur des montures gonflables.
    8. L’organisation y est millimétrée. Ce qui veut dire pas de soucis pour entrer / sortir / manger / boire / apprécier les concerts. Quand on sait qu’on compte 250 000 festivaliers sur les 4 jours, on peut leur tirer notre chapeau en paille, à nos amis espagnols.
    9. Le line-up est aux petits oignons : un mélange orgasmique entre affiches internationales, groupes locaux sympathiques et artistes indés. Il y en a pour tout les goûts.
    10. Et enfin, si, comme nous, vous savez apprécier les belles choses, vous ne saurez plus où donner de la tête… Pendant une semaine, Benicàssim devient l’endroit le plus lubrique on Earth.  MUY CALIENTE !

    Les douches...


  2. Festival : Printemps de Bourges

    mai 8, 2011 by Juicebox

    Samedi 23 avril 2011 : Juicebox au Printemps de Bourges

    Sueur ? Bière ? Kids ? Fragrance de chanvre ? Bob l’éponge gonflable ? Ah, c’est bien ça. La saison des festivals est officiellement ouverte ! Cet état d’esprit joyeux des festivaliers avertis était bel et bien au rendez-vous en ce samedi 23 avril. Il faut dire que pour une première visite, j’ai été assez impressionné par la qualité de l’orga globale, c’est rare. Même si, quand même, on évitera le sujet  « toilettes », car oui, si l’on veut PISSER à Bourges, il faut, soit risquer sa vie, soit se battre avec les vigils, donc risquer sa vie. CQFD. Mais ce n’est pas le sujet, hein.

    Ce qui nous intéresse, en l’occurrence, c’est cette programmation absolument délectable pour la soirée Rock’N'Beat qui a été proposée aux festivaliers :

    - DJ Hervé Teckel
    - We are ENFANT TERRIBLE
    - The Toxic Avenger Live
    - Does it offend you yeah ?
    - Beat Torrent
    - Ratatat
    - Cassius

    - Paul Kalkbrenner Live
    - Agoria
    - The Bewitched Hands
    - Metronomy
    - The Do
    - The Subs
    - SebastiAn

    De la techno, de l’electronica, de l’indie rock, du mash-up boosté aux amphètes, de la new rave british bref… De quoi s’en mettre plein les tympans.

    Sur place, tout se déroule entre un chapiteau (Phénix) et une salle  où le confinement est tel que la chaleur est quasi-insoutenable (Le Palais d’Auron). Début des festivités : 20h. Et une fois devant l’entrée, ils n’ont pas mentis, les bougres : Je regarde ma montre, 20h00m15sec les premières basses lointaines se font entendre.

    Les We are Enfant Terrible et sa chanteuse à la mini jupe affriolante ont l’honneur de faire remuer les premiers arrivants sous le wigwam géant (capacité de 6000 personnes, tout de même). Une digne prestation (qui nous rappelle gentiment ces chers Crystal Castles…) pour ces lillois qui ont su rendre ces premiers décibels jouissifs aux oreilles des spectateurs, prêts à en découdre jusqu’à 5h du mat.

    On continue au Phénix avec The Toxic Avenger qui présente ses prods en Live, chose, me semble t-il, assez nouvelle, ayant pu le voir quelque fois derrière des platines plutôt qu’une guitare. Le parisien est accompagné de deux acolytes sur scène : batterie et guitare supplémentaire viennent accompagner les synthés et beats déjà bien aiguisés, pour le plus grand plaisir du public, déjà suffoquant et ruisselant…
    Les habitués des festivals le savent, les dilemmes face aux line-up sont légions. On se rendra vite compte qu’il était plus avantageux de bouger le moins possible étant donné les flux migratoires incessants d’une salle à l’autre. C’est alors qu’on dit merci à nos petits protégés bourrés d’électronique dont les batteries n’ont pas faillies. Pourquoi ? Car si tu joues pas à la chenille, tu perds toute personne de vue en moins d’une seconde. True Story. Bref.
    On verse une petite larme car on rate Does It Offend you, Yeah ? mais nous sommes forcés de nous rendre au Palais d’Auron pour assister sans doute à l’une des têtes d’affiche les plus attendue de la soirée : Metronomy vient nous présenter The English Riviera, nouvel album sorti quelques jours plus tôt. Joseph Mount et sa bande seront à la hauteur de nos attentes. Ornés de leurs élipses monochromes, s’illuminant au gré de la batterie d’Anna Prior, les anglais nous livrent un live électrique, adapté à la scène pour maximiser, amplifier et accélérer rythmes et mélodies. Et que c’est bon ! De Heartbreaker, A Thing for Me à Radio Ladio en passant par les nouveaux futurs hits comme She Wants, The Look ou Corinne, la setlist était proche de la perfection. À noter que le groupe est particulièrement avenant et HEUREUX de jouer. Et le public lui a bien rendu. Ouais, ça fait plaisir !

    Après la pause nécessaire post-hallucination devant une telle performance, on repart au Phénix pour attendre gentiment Ratatat. On est alors surpris par la qualité de Beat Torrent, eux aussi français, sur-excités et bondissants qui ont littéralement enflammé le chapiteau. Je pense que pour de nombreux festivaliers, il s’agissait de l’une des meilleures perfs.
    Un peu déçu de les avoir raté, on reprend du poil de la bête en apercevant la mise en scène à peine croyable mise en place pour Ratatat : deux immenses vitres de verre sont installées de chaque côtés de la scène et les projections faites dessus créent un effet 3D / holographique impressionnant ! Un écran supplémentaire placé au dessus retransmet les fameuses animations psychés-délirantes à base de volatiles en tout genre, de Schwarzenegger et j’en passe… Les deux compères New-Yorkais lancent alors guitares et instruments douteux pour un show comme ils ont l’habitude de donner : c’est du lourd. Ma tête commençant à divaguer vers cette heure là, je ne saurai retracer la setlist complète mais mes tympans me disent que Wildcat, Loud Pipes, Shiller ou Neckbrace ont fait sensation. Même si depuis LP4, Ratatat se fait doucement connaître en France, c’était vraiment un régal de les voir se donner comme ils l’ont fait ce soir là. THUMBS UP YO !

    On reste, encore. On bougera plus d’ailleurs, BEAUCOUP trop compliqué. On se fait surprendre par l’apparition d’une toute petite scène où se loge ces farceurs de Cassius, derrière leurs Pioneer. « Bonjour French Touch », diront certains. Bon en fait non, pas exactement. Car ce DJ Set, aussi fameux fut-il s’écartait des productions live du Duo pour se rapprocher d’une électro bruyante mais colorée, exigeante mais puissante. On hoche la tête, on saute, on se recule un chouillat pour avoir un petit m2 d’expression corporelle : ON DANSE ! Ils sont forts et on attends avec impatience la relève de « 15 Again ».
    Même pas le temps de reprendre ses esprits que la scène principale ré-ouvre ses rideaux. C’est dingue d’être ponctuel comme ça, on est pas habitué ! Arrive un ‘pti mec avec son maillot de foot et au crâne rasé. Le ‘pti mec se place alors derrière son installation d’écran quasi-pyramidales et puis… Boom. J’ai eu droit à beaucoup d’échos sur le Paul Kalkbrenner. 99% étaient positifs et remplis d’un enthousiasme qui m’a longuement intrigué. Ce soir là, j’ai compris. J’ai compris pourquoi l’hystérie s’empare du public au bras levés : sa musique est sacrément efficace. Et pas dans le sens critico-méprisant du terme, loin de là. C’est plus qu’efficace, c’est envoûtant. Son mix est empli de mélodies à couper le souffle, couplé à des beats rarement entendus auparavant. Scotché, nous étions.

    Au sens propre et figuré d’ailleurs. Car vers 3h30 nos vieilles carcasses de jeunes actifs avaient déjà des réticences à sauter comme les forcenés vêtus de slims aux premiers rangs. Quelle tristesse, hein ? Oui. Fallait venir plus tôt SebastiAn, désolé !

    Fichtre que c’était une bien belle soirée. Pas trop de cadavres, pas trop de jeux de mains de vilains, plutôt de la bonne humeur générale. Il faut dire que tous les éléments étaient bien là pour rentrer dans une transe musico-chanvro-divine. Merci, Bourges, on reviendra.
    Une dernière bière, un suppo et au lit.




  3. Interview : RedEye

    mai 5, 2011 by Juicebox

    par Caroline Ruffault

    REDEYE c’est un français qui chante en anglais. C’est un nom de groupe effrayant pour une musique douce et folkement envoutante. La voix de Guillaume « Redeye » Fresneau fait de leur EP « Be the One » un disque à avoir chez soi quand l’hiver se fait rude ou quand l’été est un peu trop lourd. Ses chansons, orchestrées par de très bons musiciens et musiciennes,  sont remplies d’émotions. Et comme l’a dit Jean-Paul Sartre « Nous appellerons émotion une chute brusque de la conscience dans le magique« . Merci REDEYE.

    Quels ont été tes premières émotions musicales ?
    Les Beach Boys je crois… Et aussi Little Richard, Chuck Berry, Fats Domino…Les disques de mon père en fait. J’ai vite appris à mettre les disques sur la platine !

    Es-tu inspiré par d’autres types d’arts ?
    J’ai toujours dessiné, c’est un medium que j’adore. Les arts graphiques ou visuels en général m’inspirent beaucoup…Sinon au quotidien je suis très entouré de livres, films etc. Ça permet de ne pas trop s’endormir…

    La nature est un lieu d’inspiration pour toi ? On la retrouve dans pas mal de tes clips, chansons, visuels …
    Effectivement c’est un élément important pour moi, même si j’habite en ville. J’écris aussi plus facilement coupé du monde…  Mais c’est aussi très métaphorique, à l’image de la musique. Je trouve que la nature rend bien l’idée d’introspection, de voyage, de rêverie…

    Pourquoi chanter en anglais ?
    J’ai aussi un groupe où je chante en français, Dahlia. L’anglais dans Redeye c’est pour coller aux idées musicales que j’ai en tête : americana, folk, etc… C’est aussi plus spontané comme ça, et ça me ramène à mon enfance, passée à Houston, Texas.

    As-tu des coups de cœurs musicaux en ce moment ?
    J’adore le dernier album de Dark Dark Dark « Wild Go », et le dernier disque d’Alexi Murdoch « Towards the Sun ».

    LA MINUTE JUICEBOX : le principe, répondre par une chanson aux situations données :
    Une chanson à écouter sous la pluie
    I can’t stand the rain de Ann Peebles
    écouter

    Une chanson pour danser
    Clapping Song de Shirley Ellis
    écouter

    Une chanson pour un road trip
    TB Sheets de Van Morrison
    écouter

    Une chanson que vous avez honte d’aimer
    Romeo and Juliet de Dire Straits
    écouter

    Une chanson mélancolique
    Pale Blue Eyes de Velvet Underground
    écouter

    Une chanson qui vous motive
    Bang Bang ! de Dum Dum Girls
    écouter

    ___________________________

    http://redeyebc.bandcamp.com
    www.myspace.com/thisisredeye

    http://redeyewithapen.blogspot.com/

    http://www.youtube.com/user/Redeyewithatube

    Vendredi 13 Mai à 20h
    (avec Jason Edwards)

    La Loge
    77 Rue de Charonne Paris 11e

    http://www.lalogeparis.fr/
    Tarif : 8 euros

    Samedi 25 Juin à 19h30
    La Flêche d’Or
    102 rue de Bagnolet Paris 20e

    http://www.flechedor.fr/Accueil/
    Tarif : 8 euros


  4. Interview : Dictafone

    avril 30, 2011 by Juicebox

    Dans DICTAFONE il est effectivement question d’enregistrement sonore. Et pas n’importe lequel, de la pop mélodique voire glamour mais qui garde son penchant rock … En parlant d’enregistrement, pour ce nouvel album Home, il s’est fait en France, puis il a été mixé à Los Angeles par Ken Scott, qui a juste travaillé avec les Beatles, Supertramp, Pink Floyd, David Bowie… Rien que ça ! C’est le leader Duncan Roberts, originaire d’Angleterre, qui répond à nos questions.

    Vous avez le chic pour trouver de belles mélodies qui restent dans la tête pendant plusieurs semaines … D’où tirez-vous votre inspiration ?

    L’inspiration pour les mélodies vient des paroles… C’est à dire que pour moi dés que je trouve des mots qui me plaisait, la mélodie vient avec. C’est rare que j’ai une mélodie en attente de paroles ou vice versa. Mais pour les mélodies elles mêmes, je ne sais pas d’où vient l’inspiration vraiment. J’ai toujours était fasciné par des belles mélodies à la McCartney et la façon dont les meilleures ont l’air d’avoir toujours existées. J’adore ce moment de création où un air se présente et on se demande comment on là trouverait sur une suite d’accords joué 10,000 fois déjà. Pour boucler la question/réponse: l’inspiration des paroles vient principalement des conversations que j’entends autour de moi, dans la rue.

    Quelle est la musique qui a marqué votre adolescence ?

    Beatles, Supertramp, Genesis, Rickie Lee Jones, Eagles, Dave Brubeck, Jake Thackray (Le Brassens Anglais. Parolier hors pair…), Police, Bowie, Elvis Costello, Squeeze, XTC…   Rien de très étonnant là dedans !!

    Comment en êtes-vous venu à faire du rock/dandy/pop mélodique très anglaise ?

    Ado j’ai écouté beaucoup Genesis, période Peter Gabriel avec tout ce coté très théâtral. En même temps je digérais tout le catalogue des Beatles, ainsi que les comédies musicales de Stephen Sondheim (Sweeney Todd!) Si je mets tout ca ensemble dans ma tête j’entends quelque chose qui s’approche de Dictafone. Par contre, si je fais écouter l’album à des amis anglais, ils trouvent que ça ne sonne pas anglais du tout ! Après 14 ans en France j’ai dû absorbé des influences qui détournent légèrement l’ambiance. Suffisamment en tout cas pour que les anglais ne se reconnaissent pas dedans.

    Qu’est-ce que, pour vous, un bon concert ?

    Pour moi on doit découvrir quelque chose qui n’était pas évident sur l’album. Un coté caché…   Ça doit ressembler suffisamment à l’album pour que le public puissent chanter et reconnaître les morceaux, mais je ne suis pas de l’avis (comme certains amis musiciens) qu’on doit reproduire sur scène ce qu’on a fait en studio. J’adore découvrir des nouveaux morceaux pour la première fois en concert.

    Qu’écoutez-vous en ce moment ?

    Le nouveau Ben Folds (avec paroles de Nick Hornby !). Album magnifique !!
    The cat empire (groupe Australien). Mon album préféré des 2 dernières années.
    Stornaway. De très belles mélodies.
    Jellyfish. Groupe cote west USA des années 90s.
    James Blake: Electro minimaliste. Pas mon truc d’habitude mais c’est ce j’écoute en ce moment !

    Votre nouvel album « Home » (sortie le 9 mai 2011) a été mixé par Ken Scott et masterisé par Ray Staff. D’ailleurs on sent leurs influences dans pas mal de vos titres. Comment cela c’est passé ? Vos impressions ?

    Effectivement ils ont enregistré/réalisé/masterisé beaucoup des albums qui m’ont le plus marqué dans ma vie. C’était une opportunité incroyable de pouvoir travailler avec ces deux là. On a passé 3 semaines de rêve dans un beau studio à L.A à peaufiner l’album dans les meilleures conditions avec un maitre de l’art. C’est une chance de pouvoir s’inscrire dans leur histoire et de faire parti de ce son… Même si on est un peu en retard !! Pour en savoir plus du mixe en détail il vaut mieux lire mon blog qui est toujours sur la page myspace de Dictafone (le Blog est en Anglais…qui mènent bien à la prochaine question !!)

    Pourquoi ne pas chanter en Français ?

    Ma mère vous a payé combien pour me poser cette question? (Elle est Française) Même si j’ai passé beaucoup de temps en France, j’ai quand même grandi en Angleterre et fait presque la totalité de mes études là-bas. C’est ma première langue, celle dans laquelle je rêve/pense et jure !!  Les idées ne me viennent pas en français. J’aimerais bien un jour travailler avec un parolier français ,mais je ne tenterais pas de faire le boulot moi même. Je n’ai pas cette richesse de vocabulaire sur laquelle on compte quand on tente de raconter une histoire en si peu de mots.

    LA MINUTE JUICEBOX

    Une chanson à écouter sous la pluie
    Vienna de Ultravox

    Une chanson pour danser
    Feel good inc de Gorillaz

    Une chanson pour un road trip
    Last Chance texaco de Rickie Lee jones

    Une chanson que vous avez honte d’aimer
    Egomane de Louis chedid

    Une chanson mélancolique
    Boxes de Charlie Winston

    Une chanson qui vous motive
    School de Supertramp

    http://www.myspace.com/dictafone

    Découvrez la playlist Dictafone (Duncan Roberts) avec Ultravox

  5. Interview : Damien Robitaille

    mars 30, 2011 by Juicebox

    «Il y a du beau dans tout ! » C’est sûr, on trouve le beau partout, même sur les taies d’oreiller dédicacées du merchandising de Damien Robitaille. Cet artiste venu du froid (Ontario, Canada), nous apporte son deuxième album «Homme Autonome » et il est chaud comme le tapis en peau d’ours des années 70. Des chansons aux mélodies entrainantes, des paroles à l’humour fracassant … Damien est franc. Ses concerts son des véritables shows où le public se surprend à rire pendant 1h30 et à crier « Hallelujah !». On né nu et sans Damien Robitaille et il sera grave de mourir habillé et de n’avoir jamais écouté ou vu un de ses concert !


    Quelle est la question que tu n’aimerais pas que je te pose ?
    Oh mon dieu … J’aimerais, euh, pourquoi ? La question que je ne voudrais pas que tu me poses, c’est la question que tu viens de me poser !

    Quelles ont été tes premières émotions musicales ?
    Il y en a eu tellement … La musique fait partie de ma vie depuis que je me souviens. Que ce soit avec mon père qui chantait, ou à l’école où je chantais dans des chorales. Puis ma mère qui me chantait une chanson tout les soirs avant d’aller me coucher ou me consoler, ça c’était une belle émotion, c’était toujours touchant. Elle chantait une chanson qui s’appelait The summer time, il y en avait d’autres … Mais je pense qu’à cause de ça, j’ai créé un lien. J’ai besoin de la musique pour exprimer mes émotions, quand je suis content je chante, quand je suis triste, je chante. C’est pour cela aussi que j’écris.
    Sans le chant, bah j’vais pas mourir là mais, j’ai besoin de chanter ! Puis j’ai eu des copines ça leur tombaient sur les nerfs «Arrête de chanter ! Tu chantes toujours, je suis fâchée contre toi !». Du coup je chantais quand j’étais fâché.

    Tu as commencé à jouer de la musique à l’âge de 8 ans, cela t’as aidé dans la construction de ta culture musicale ?
    J’ai appris à jouer du piano à 8 ans, mais je chantais avant ça. C’est sûr que cela m’a aidé pour ma culture musicale. Ça m’a forcé à faire de la musique classique, parce que forcément il y a les examens du Conservatoire. Heureusement mon professeur de piano était ouvert à m’apprendre des chansons que je voulais, notamment celles des Beatles. Et alors à cause de ça j’ai appris à jouer des accords, à chanter en jouant du piano. Parce que ce n’est pas tout le monde qui a cette chance là, souvent on trouve des professeurs de piano qui savent juste lire la musique, les lois de la musique classique. Mais grâce à ce professeur là j’ai eu un bon équilibre, entre la musique populaire et la musique classique. Je suis très content d’avoir les deux parce qu’ils m’ont beaucoup aidé.


    Quelle est la chanson qui suscite une émotion immédiate et qui peut faire aimer la musique à ceux qui disent ne pas l’aimer?
    Tu dis quelqu’un qui n’aime pas la musique ? Tu connais des gens qui n’aiment pas la musique ?

    Et bien, disons pour des personnes qui n’écouterais pas la musique tous les jours …
    Ha … wah ! Je suis sur qu’il y a quelque chose … Mais il y a trop de styles de musique … Des chansons de Noël : Silent Night, tout le monde peut tomber en amour avec cette chanson là.

    Tu écoutes quoi en ce moment?
    En ce moment, je suis dans une phase très sixties. De la musique d’ascenseur, de cocktail … par exemple Sergio Mendes. Beaucoup de musique instrumentale.
    Mais quand je suis en tournée, je n’écoute pas beaucoup de musique, je ne suis pas tellement à la maison puis je suis avec d’autre gens. C’est quand je conduis que j’écoute beaucoup de musique. Puis la musique c’est trop personnel, en char (ndlr : voiture en québécois) tout ca je peux mettre tout ce que je veux et yeah ! Mais avec d’autres gens je deviens inconfortable, parce que j’ai peur qu’ils n’aiment pas ce que j’aime … et pour moi la musique c’est comme … je ne veux pas dévoiler mes secrets et là tu m’as fait dévoiler trop de choses !
    Je reste fidèle à mes musiques, c’est comme une femme … C’est une bataille parce que tu veux partager tes gouts mais en même temps tu ne veux pas que trop de monde le sache parce que pour je vais m’inspirer de ces musiques là.

    Il y a des artistes québécois que tu conseilles?
    Il y a Daniel Belanger, Karkwa, Malajube. Puis j’aime beaucoup Yves Lambert, ça c’est de la musique traditionnelle. Il y en a beaucoup, Bernard Adamus qui est bon, Radio Radio … Il y en a pas mal. Mais Damien Robitaille avant tout !

    Ton écriture est à la fois drôle et touchante, où vas-tu chercher ca ?
    Je puise au fond de moi-même, je ne me dis pas «Oh, il faut que se soit drôle ou triste». Je me fis à mon instinct. Parce qu’au fond de moi, je suis quelqu’un qui a toutes les gammes d’émotions. Il va toujours y avoir de l’humour mais aussi une tristesse. Je mélange les deux. Puis il y a aussi la joie. Mais pour moi la joie de vivre sa comprends les moments de tristesse, de sensibilités et les moments de rire. Ouais c’est ca être vivant !

    Es-tu inspiré par un autre type d’art que celui de la musique ?
    La littérature, les romans, la poésie. Les peintures, je n’ai pas eu la chance d’en voir beaucoup dernièrement mais je vais prendre le temps de vraiment m’inspirer de tout cela. Les arts, la nature, l’architecture, les gens, je suis inspiré par tout ! Il faut s’inspirer de la vie en général ! Il y a du beau dans tout !

    Ton album, « Homme autonome » est révolutionnairement basé sur la pop-rétro, il est totalement différent de « L’homme qui me ressemble », plutôt chanson française calme, sorti en 2006. Pourquoi ce changement de style musical soudain ?
    C’est une évolution naturelle. Il y a eut trois ans entre les deux albums et en trois ans on a la chance d’écouter beaucoup de musique. Quand tu regardes un groupe comme les Beatles, ils sortaient comme deux disques par année. On a pu voir leur évolution graduelle. Lorsqu’ils ont sortie Sgt Pepper, leur premier disque psychédélique, il était très différent de leurs premiers albums … Et bien moi je sors mon premier disque et passé trois ans j’arrive à « Homme autonome ». Alors c’est un changement. Mais imagine avec les Beatles, si tu enlèves tout leur album entre le premier et Sgt Pepper, ca aurait fait le même Woooo, le même choc !
    Puis tu sais, les artistes qui font toujours les mêmes choses c’est plat. Il faut évoluer dans la vie, il faut grandir.

    Ton style est résolument old school la pochette de ton album, la dédicace sur le livret, tes clips. Tout s’accordent, c’est hyper recherchés, travailler…
    Oui, je m’amuse, je me laisse aller … j’ose. Je laisse sortir ce côté humoristique, je veux que les gens s’amusent avec ma musique.

    C’est avant tout pour te démarquer des autres artistes?
    Oui, mais je m’entoure de bonnes personnes … Pour la pochette, j’ai travaillé avec Renaud Gauthier qui est un peu dans cet univers kitch, old school. C’est pour cela qu’on a un peu misé là-dessus. C’est ca de faire de l’art, sa dépend avec qui tu travailles, ca va donner une réaction chimique. Si j’avais travaillé avec quelqu’un d’autre, ca aurait été différent.
    Je m’inspire beaucoup des vieilles choses. Il y a une époque où j’écoutais que de la musique de personnes décédées. Parce qu’il y a comme quelque chose de mystérieux avec ça … Mais il faut aussi aimer ce qui est vivant !

    Oui, parce qu’en plus on peut les voir en concert !
    C’est vrai, mais je ne vais pas beaucoup à des concerts. Ma vie c’est un concert alors je n’ai pas toujours envie d’aller voir des spectacles. J’aime être sur la scène mais quand je suis dans le public je ne me sens pas bien.

    Sinon, tu as sept dates de prévu en France et quelques autres en Europe (Belgique, suisse …), réaction à chaud ?
    C’était bien ! C’est sûr qu’on n’a pas eut les grandes foules, mais c’est une réadaptation. Parce qu’au Québec les salles sont plus ou moins pleines, les gens connaissent les chansons, ils sont vendus d’avance ! Mais en France, tout est à recommencer, c’est un nouveau défi. C’est amusant de voir le visage des gens qui me découvrent : au début ils sont septiques puis au fur et à mesure que le spectacle avance tu vois leur sourire venir.

    Tu es un magicien en faite ?
    Oh oui oui, un magicien ! J’aime ça !

    A mon avis, tu vas plaire au public français, les canadiens sont partout en France … Beaucoup d’humoristes, de chanteurs … c’est plutôt motivant, non ?
    C’est clair que c’est motivant mais faut travailler fort pour atteindre ca. Il y en a beaucoup qui tente leur chances ici. Le Québec bouillonne d’artistes, alors ils viennent en France mais vous n’en connaissez que quelque uns… mais en dessous de ceux-là, il y en a beaucoup. J’espère être dans ces noms écrits en lumière !

    Lorsque j’ai acheté ton album à Montréal cet été, le vendeur m’a dit : « Si tu veux du kitch canadien, il n’y a pas mieux ». Tu es d’accord ?
    Du kitch canadien ? Les gens vont souvent se baser sur les images, les visuels et c’est pour cela qu’ils mettent le « kitch » sur mon album mais je ne sais pas… Moi je ne vais pas penser kitch mais plutôt rétro.

    Ma dernière question : tu l’as trouvé le « mot de passe » ? (ndlr : single de l’album « quel est le mot de passe pour passer la nuit avec toi« )
    Tranquillement. Je cherche le mot de passe pour la France ! Je l’ai trouvé pour le Canada mais pour la France, sa vient graduellement.

    LA MINUTE JUICEBOX
    Une chanson à écouter sous la pluie

    Bj Thomas – Raindrops keep falling on my head

    Une chanson pour danser

    Michael Jackson – Don’t Stop’ Til Get Enough

    Une chanson pour un road trip
    Une chanson de Hank Williams, son répertoire.

    Une chanson que vous avez honte d’aimer
    Je n’ai pas honte d’aimer aucune chanson.
    Non, faut pas avoir des chansons, faut être fier !

    Une chanson mélancolique
    Frank Sinatra – Someone to watch over to me

    Une chanson qui vous motive
    « Ô canada » ca me motive, parce que avant chaque match de Hockey et là c’est comme  «Bring it on bitch !» C’est comme ca ! (il chante)